12 Nov 2012 – DIALOGUES AU GESÙ – Dr. Lucie Nadeau et Stefan Nitoslawski

Ecrivez ici svp vos commentaires sur la rencontre ‘dialogique’ avec Dr. Lucie Nadeau et Stefan Nitoslawski

Please write here your comments on the ‘dialogic’ session with Dr. Lucie Nadeau and Stefan Nitoslawski

photo credit Nathalie Courchesne

9 Responses to 12 Nov 2012 – DIALOGUES AU GESÙ – Dr. Lucie Nadeau et Stefan Nitoslawski

  1. N’ayant assisté qu’à la première partie du débat, je m’en tiendrai à mes impressions sur le documentaire et la discussion qui a suivi. Je tiens tout d’abord à saluer globalement l’initiative de nos hôtes et à les remercier pour avoir partagé cela avec nous. Tout ce qui peut contribuer à rendre notre monde plus limpide, plus vivable, doit être de facto encouragé.
    Ce documentaire a le mérite d’avoir restitué humblement et à froid, une image plus exacte et plus apaisée de la commission Bouchard – Taylor. Néanmoins, il ne change rien à la perception parasitée par les doutes qu’on peut en avoir. Les causes purement anecdotiques ayant provoqué indirectement ou directement la création de cette commission seraient considérées en France, ou encore en Italie, comme un simple épiphénomène, ridicule de surcroît. Bref du « vu et revu »… En Europe, la plupart des citoyens n’en sont même plus là. Le multiculturalisme selon James Cameron et Angela Merkel a échoué. L’intégration à la française, impérative aux yeux de la plupart des leaders politiques français ne fait plus illusion, pire, laisse totalement perplexe. Bref, le Québec est pour l’instant encore une démocratie qui a le luxe de ce type d’initiative.
    Nous avons assisté pendant le déroulement de cette commission, davantage à un déballage familial, salutaire j’en conviens, mais sans effet politique avéré… sans réelle pertinence, hormis sur un point d’une importance inouïe pour le Québec, et qui, contre toute attente, occupe aujourd’hui l’intégralité la place laissée vacante par le scepticisme : une crise de maturité pour ne pas dire d’adolescence dans la quête d’identité québécoise, le désir plus raffermi de laïcité n’étant qu’une des voies principales d’accès…
    Le problème n’est pas la laïcité. Il ne l’a jamais été.
    La révolution tranquille, fabuleuse, intrigante, citée souvent comme exemple, a malgré tout privé le Québec d’une continuité culturelle et polymorphe stable. Avoir tourné le dos à l’Église aussi rapidement et affirmé de façon légitime mais incomplète la culture francophone, tout cela a laissé le peuple québécois face à un besoin épidermique de catharsis, dissimulé, non avoué, donc non assumé. Il y a le désir d’émancipation et la réalité du vécu, autrement dit la nécessaire transition générationnelle. Il y a la compréhension stricte et claire d’une réalité complexe souvent contradictoire, puis il y a la réalité ou les réalités fantasmées du tout-un-chacun.
    La globalisation et le pouvoir exorbitant des multinationales ont tôt fait de désamorcer cette nécessité d’enracinement sociétal et identitaire. Ils ont achevé ce qui était tout juste en gestation et amplifié ce qui aujourd’hui oppose continuellement les concepts de collectivité et de communauté dans un monde d’intenses flux migratoires. Or le communautarisme se défini généralement, hélas, en négatif (bref ils ne sont pas comme nous ).
    Mais qui nous ? Mais qui ils ?
    Voici votre vacuum… figer de façon théoriquement consensuelle ce qui ne peut l’être que par la dualité.
    Diego Piccini da Todi

  2. james oscar says:

    Following up with the comment above, in a typical three act structure film, we are introduced to the hero and then the hero encounters a conflict. In Stefan’s film, the immigrant lady comes to Quebec because it is painted as tolerant and then the Herouxville incident occurs. Now in the hero’s narrative the hero after encountering the conflict, then encounters a “guide” to help them in their quest. We must ask then in in Stefan’s film, who are the this immigrants guides. Would it be Charles and Gerard and one must concede with out being facetitious,that Charles Taylor and Gerard Bouchard do become guides of sorts and for all intensive purposes, they did an interesting job considering the challenge. Gerard Bouchard’s diea of open mikes was genius BUT then one must ask since these are our guides in the film- who, what, where are they. They are amazing intellectuals but they are not immigrants in danger of not being accomodated and as as Jurgen Habermas “argues that equal protection under the law is not enough to constitute a constitutional democracy. We must not only be equal under the law, we must also be able to understand ourselves as the authors of the laws that bind us”.
    Immigrants must also be authors of the laws, policies, and narrations that bind us.
    These immigrants should not be “recognized” but there must be a “politics of mutuality”.

  3. james oscar says:

    I like Stefan’s film but I think there is a danger in the way it is narrated. Narration after all as Edward Said exhaustively pointed out in his magisterial work Culture and Imperialism is the way the nations and now corporations rule the world. Basically, nations who control narratives have always been the nations that control the world. Stefan’s film is layed out in a neat 3 act structure. An immigrant comes, loves Canada, ten finds out about rules of conduct that have been laid down and then faces a conflict, decides to run in municipal poiltics and then “resolves” the conflict. The film informs us of the background and the happenings of the Accomodation hearings but unfortunately a particular narrative is set up. A narrative of the hero’s myth where yes this new immigrant to Canada arrives, loves the country and then faces difficulty. This is typical of Hollywood films and the hero’s myth formula that is used.
    The reality is that the Quebec situation has such deep nuances that for the most part have nothing to do with immigrants at all but actually have a lot more to do with the “host ” population and how they feel about themselves in the global world. As I clearly said, in forum, we must not first ask Quebecois “de souche” to grant accomodations to others but we must first ask . Do Quebecois “de souche” accomodate among themselves? (“Est ce que les Quebecois “de souche” s’accomodent entre eux meme”)

  4. Pierre LeBel says:

    In spite of the self-assurance we try to prop up and put forward as a people, we remain an insecure and vulnerable people at best. The fear of the other can only be undone by the acceptance and welcome of the other, however different he or she might be. The stranger in our midst, the immigrant amongst us, I need to see an a source of personal and collective enrichment. What is more important? My language and culture (which are fleeting, temporal and forever changing things) or our common humanity? Nationalisms, whatever their source, can easily become justifications for the denial of the other. The Bouchard-Taylor Commission, as well as Stefan Nitoslawski’s film, bring us back into the heart of a needed and ongoing discussion (it’s always under the radar).I look forward to this evening with Dr. Taylor!

  5. Posted on behalf of Thérèse Romer

    Difficile d’ordonner un trop-plein de réactions en quelques lignes. Mais voici, j’essaye:

    En tant qu’immigrante politique arrivée au Québec en 1950 (et grâce à ma profession d’interprète de conférence) j’ai suivi à la trace les débats sur les identités nationales et le dualisme Québec-Canada depuis la Commission Laurendeau-Dunton des années 1960 ( tout comme les nombreuses commissions et consultations populaires depuis ce temps-là). J’en viens à respecter et admirer profondément l’esprit ouvert et démocratique qui caractérisent la société québécoise autant que la canadienne et leurs institutions.
    L’approche ‘dialogique’ du professeur Cornett le 12 novembre dernier, après le visionnement de l’excellent film de Stefan Nitoslawski Liberté, Égalité, Accommodements, m’ont fait revivre et approfondir l’ambiance, l’effervescence, et les douloureux dilemmes – paradoxes — qui sous-tendaient les labeurs de la Commission Bouchard-Taylor.
    Intellectuellement, on ne peut qu’être d’accord avec les conclusions et recommandations de la Commission. Un gouffre cependant persiste entre, d’une part, les accommodements “raisonnables” (souhaitables au Québec — ainsi qu’entre le Québec et le Canada… mais ça, c’est une autre affaire, bien qu’incontournable) — et d’autre part les perceptions ressenties par les protagonistes.
    Ce bouillonnement d’émotions, sentiments, perceptions — la partie difficile et souvent tacite du vivre-ensemble — est inadéquatement reflété dans les rapport de la Commission. Comment admettre, entre gens civilisés, des sentiments de supériorité ou infériorité, de mépris sinon de peur et haine ? Comment y faire face, autrement que par l’amitié, qui ne se commande pas… On passe l’éponge et recherche le “raisonnable”. Le légal. Ce qui ne laisse personne satisfait. Je m’en suis rendue compte en re-sentant les blessures autour de la recommandation relative au crucifix à l’Assemblée nationale, symbole identitaire bien plus que religieux.
    Et aussi en lisant le résumé de la réflexion ultérieure qui a conduit Gérard Bouchard à développer ses pensées sur l’interculturalisme.
    Ce qui m’amène à percevoir que le vrai débat ne porte pas autant sur des accommodements religieux ou culturels au sein de la société québécoise, singulièrement ouverte et accueillante, avouons-le — que sur l’affirmation nationale et la quête de survie d’une société distincte, attachante, dont le caractère unique est tragiquement nié par l’État supérieur. Nié, en plus, par l’actuelle mer d’américanicité menacée par de nouvelles hégémonies mondiales…
    Donc, revenons à notre plus petite échelle, rassurante, des voisinages, amitiés, amours… et accommodements.
    Sorry this has become much too long — and doubtless too concise for comprehension. Thank you for the dialogic !

    Thérèse Romer

  6. Jocelyne Bilodeau says:

    Le principe même du micro ouvert est un procédé démocratique essentiel: il permet à chacun, entre autres, de trouver un exutoire à ses propres démons, ou encore de se situer face à une problématique, qu’elle le touche de près ou de loin. Cependant, la vision collective du vivre-ensemble a du mal à s’exprimer totalement, chacun étant trop impliqué personnellement et émotivement dans le processus.
    Comment pourrions-nous définir cette “vision collective” du vivre-ensemble, dont les frontières ne sont toujours pas définies à mon avis ?
    Le débat reste et doit rester ouvert…
    JB

  7. Au-delà des questions d’accommodements raisonnables, d’identité et de laïcité – très importantes, et encore très présentes au Québec – il ne faut pas oublier que la commission Bouchard-Taylor était un modèle de participation démocratique.
    Les citoyens ont pu s’exprimer dans des forums à micro ouvert. La société a pu se questionner collectivement à ce sujet sans filtre ni contrôle gouvernemental.
    Je réfléchis au contexte actuel avec en mémoire les manifestations étudiantes, un débat qui dépassait largement la question des frais de scolarité. Ne serait-il pas opportun de prendre exemple sur la Commission BT pour le sommet sur l’éducation que propose le gouvernement Marois et organiser des forums à micro ouvert pour prendre le pouls de la société en ce qui concerne la scolarité au Québec?
    Le coût de la crise étudiante est estimé à environ 40 millions de dollars.
    La commission Bouchard-Taylor en a couté 3.7 millions!

  8. Oui, ce film nous plonge dans plusieurs débats intéressants dont on ne parle pas assez.
    Pour moi, la projection m’a presque immédiatement propulsée dans le coeur de mes propres préjugés et de mes inquiétudes en ce qui a trait au partage entre humains qui est encore si épineux
    dès que les moeurs sont différentes.
    Étrangement, je ne pouvais m’empêcher de penser, en début de projection, aux peuples autochtones que nous négligeons alors que la plupart vivent dans des conditions médiévales tout près de nous.

    Et est-ce que les anglophones et les francophones sont si bien intégrés, tolérants, ouverts ? Je garde des souvenirs cuisants de mes premiers contacts avec des collègues anglophones. Il fallait que je vois ce film pour me rappeler que ces souvenirs ont laissé des traces assez importantes, même si aujourd’hui je fréquente quelques personnes dont la deuxième langue (courante) est l’anglais…
    Marie Anne

  9. Lucie Nadeau says:

    Le film de Stefan Nitoslawski a su nous replonger avec brio dans le coeur d’un débat qui est encore d’une grande actualité. Le dialogue doit se poursuivre, et l’après Commission Bouchard-Taylor est encore à repenser pour s’assurer que la société québécoise relève le grand défi de la rencontre de l’autre, du vivre-ensemble. LN

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