19 Nov 2012 – DIALOGUES AU GESÙ – CHARLES TAYLOR

Priere svp d’ecrire sur le lien ci-dessous vos commentaires sur la ‘rencontre ‘dialogique’ avec Charles Taylor au Gesu le lundi 19 novembre 2012
 
On the link below please write your comments about the ‘dialogic’ session with Charles Taylor at the Gesu on Monday,19 November 2012

17 Responses to 19 Nov 2012 – DIALOGUES AU GESÙ – CHARLES TAYLOR

  1. Yves says:

    M. Norman Cornett m’a signalé votre message en me proposant généreusement de prendre à nouveau la parole. Je m’en tiendrai à ceci: je trouve votre message très mesuré et philosophique. Que dire? sinon que la démocratie, pour être vivante, requière non le consensus tacite, mais la remise en question des idées reçues par chaque époque. Sur ce point, nous sommes d’accord.

  2. Yves says:

    Certes, Charles Taylor est un très grand intellectuel et Norman Cornett un homme dévoué à la vie de l’esprit. Passer un moment en une telle compagnie est, en soi, une expérience autant agréable qu’enrichissante. Pourtant, la franchise me commande la critique. Il m’a semblé que toutes les questions susceptibles d’affaiblir la thèse de M. Taylor, liée au multiculturalisme, restaient tout bonnement sans réponses. Pourquoi des femmes musulmanes “vieillissantes” affirment-elles, elles-mêmes, que leur exclusion est le fait de leur propre communautés, quand elles refusent de porter le voile? Pourquoi la France a t-elle interdit de choisir le sexe du médecin traitant? N’y-a-t-il pas une radicalisation de certaines communautés, ici même à Montréal, sous l’effet d’un wahabisme importé et payé par les pays du Golfe? Pas de réponses, car, comme l’a dit M. Taylor: “À part quelques cas, ici tout va très bien”. On a le goût d’ajouter: “Oui, tout va très bien madame la Marquise, tout va très bien, sauf un petit rien…” Quand on ne répond pas à de telles questions, il est alors facile de retirer sa légitimité à la laïcité dans le débat politique. Comme M. Taylor l’a dit: “Quand on comprend les motivations des femmes voilées…” Ceux qui tiennent à la laïcité le font à cause de leur ignorance”, “Une vieille idée dont on n’a besoin au Canada”, “récupérée par l’extrême-droite française”, etc. Qu’est-ce qui pourrait bien justifier la nécessité de la laïcité dans l’espace public? Rien.

    Une expérience dialogique? “Dia” en grec veut dire “à travers”. Il faut traverser les questions difficiles, et non passer à côté. En éludant ces questions pour mieux répéter sa thèse, nous avons eu droit, plutôt, à une expérience monologique. Et la complaisance d’une partie du public – sorte de fan club du grand penseur – a fait de cette soirée une plaisante expérience de conformisme et de rectitude politique.

    • claudiane reny says:

      Votre commentaire est intéressant mais je ne sais pas s’il faut entrer dans ce genre de définitions extrêmes. La soirée était une ouverture au dialogue, elle ne promettait pas de régler des questions aussi complexes que la laïcité, en deux heures de surcroît. Elle n’avait pas comme but une réforme politique non plus, mais bien de permettre un espace de parole.
      La diversité des commentaires ici nous prouve que cette soirée a été bénéfique pour beaucoup de personnes, car elle leur a permis de poursuivre leurs réflexions. Penser n’est pas un aboutissement, j’en conviens. Mais le Québec a soif de dialogues et celui-ci était une opportunité à saisir en ce sens. Il est certain que trois heures ou plus auraient été nécessaires afin d’entrer en profondeur et il est certain que certaines questions demeurent irrésolues. C’est en discutant, en partageant, en observant le point de vue de l’autre que l’on parviendra peut-être à établir un terrain d’entente, des ressemblances, des rassemblements. J’ai vu cet espace de parole comme un rassemblement avant tout, une ouverture aux idées, un avancement de nos perceptions par rapport à l’actualité. Je crois qu’il faudrait continuer à organiser ce genre de soirée, et peut-être pourriez-vous y amener le changement que vous désirez afin de l’enrichir de vos idées.

  3. luc dupont says:

    J’ai été agréablement surpris de constater qu’il y avait un “après” à la Commission Bouchard-Taylor; que sous les bons offices du Pr Norman Cornett, une réflexion essentielle se poursuivait, qui déterminera pour les décennies qui viennent une bonne partie de la qualité du “vivre ensemble” québécois. J’ai été ravi de réfléchir avec toute cette salle vivifiante, dans une atmosphère marquée par un haut degré de civilité entre tous les participants.
    Luc Dupont, journaliste et auteur

  4. David says:

    “The best dialogue is informal”, Professor Taylor told me just before the dialogic session. “Two or three people.” I was stunned by his comment. It left me wondering what he thought he was going to accomplish here.

    The session began in a packed room, both of them promised dialogue. I was intrigued by the contradiction.

    A man raised his hand and spoke, saying he had been writing a book called “Dear Charles.” He read a passage I found searing. He asked “isn’t it a problem that neither you or Mr. Bouchard is an immigrant? How can you understand what it is to immigrate here?”

    Professor Taylor’s response was essentially “we held consultations and immigrants came and told us what is was like.” He also added “we took a lot of taxis.”

    I don’t add this as a criticism of Professor Taylor or Cornett – both of whom I admire tremendously. Just to say, perhaps it is a testament to Prof. Taylor’s insight that dialogue didn’t seem to be happening here.

    Deflated, the young person, who by the way, was black, seemed to me to be sulking throughout the rest of the session, occasionally raising his hand in vain. He was not called on – and I wish I’d raised my hand just to give him another turn.

    “Oppression is invisible to white men.” This is what I’ve always been told and this has been my experience about privilege. Most of society conspires to conceal oppression from white people, especially men, and it has taken me and every white person I know, a tremendous amount of time and effort to learn about the lived experience of racialized people, or women, or anyone LGBTQ, or a different class. First we must decide to learn, then we must dedicate a tremendous amount of time to it. And it is easier at any stage to watch television. The invisibility of oppression to the privileged is part of both privilege and oppression. It is also why, for example, the non-representativeness of our “representative democracy” is a giant problem. And, more to the point, why it’s problematic to have no immigrants on an immigration panel. It takes a lifetime of work to understand privilege – it is never done. I do believe Professor Taylor probably did a better job than I would have done, but the gentleman’s question remains unanswered.

    That’s what I took from the young man’s point. And I was far from comforted by Prof. Taylor’s response: “we learned a hell of a lot from the public consultations.” Yes, and that is further evidence of a problem.

    All this would have been an interesting dialogue to have, perhaps in private with only two or three people, if that had been possible.

  5. Des commentaires intéressants, qui me permettent de prolonger ma réflexion.
    Il est clair qu’une soirée dialogique n’est pas suffisante pour renverser nos préjugés. Les vrais changements en profondeur s’accomplissent à long terme grâce à une grande variété d’actions. Les étudiants ont eu bien du courage de manifester aussi longtemps pour demander du changement.
    Chaque événement me semble essentiel pourtant si on veut bien se connaître et agir mieux par la suite. N’est-ce pas une bonne façon de rencontrer des alliés ? Et cette soirée n’était-elle pas unique grâce à la présence de M.Taylor ?
    J’aimerais moi aussi connaître les conclusions du rapport Bouchard Taylor et qu’on les diffuse largement. J’aimerais également que ces soirées conférence s’adressent à des publics variés ; adolescents, jeunes adultes.
    J’aimerais surtout voir clair en moi, voilà que d’assister à ces deux soirées m’ont confrontée et interpellée sur les questions touchant aux différences, à commencer par les préjugés que j’entretiens sur moi-même et …les québécois que j’aime tellement.
    Suzanne

  6. Kathryn says:

    I wish to express my profound appreciation to Mr. Taylor and Mr. Cornett for making the evening possible. I was very impressed with the quality of the questions and the whole tenor of the evening. As an anglophone living in Montreal I rarely feel included in public discussions that touch on Quebec politics and culture. The willingness to take English questions encouraged my participation and my sense of inclusion. The evening felt like a beginning. The dialogic process certainly encouraged participation from the audience but as one writer mentioned, it is not without its limitations. My question is how do we build on these meetings to create sustained communities of concerned citizens? This was my first experience of this process. I look forward to more opportunities to practice.

    • Barry says:

      I took the evening as a challenge to “go and do likewise” in the rest of our lives. Certainly within the Church, we are summoned in freedom by Jesus to a love of “neighbour” that includes those not of our group. Easy to say in a vague, hazy and sentimental way; hard to do in the concrete with integrity and persistence. If Charles Taylor and Professor Cornett helped to push us, by story and personal example, along that path, the evening was well worth it.

  7. Liette Michaud says:

    Voilà ce qui va encourager le Professeur Cornett à prolonger sa série de discussions! Il y a un réel besoin de se prêter à des «commissions parlementaires» publiques, ce que les Américains appellent des «town hall meetings». Pour ma part, je vais écrire à ma députée à l’Assemblée nationale et lui demander comment le gouvernement va donner suite, ou a donné suite, aux recommandations de la Commission Bouchard-Taylor. Chaque individu peut jouer un rôle en tant que citoyenne ou citoyen en participant aux conversations et en montrant de l’ouverture envers autrui mais nos élus sont également imputables.

  8. Soumya Tamouro says:

    Merci pour la soirée que vous avez organisé. Pour la première fois je
    participe à une telle activité avec calme (Bravo).
    Je suis présentement entrain de faire une recherche sur les services de
    soins spirituels dans les hôpitaux de Montréal. Les résultats sont
    vraiment intéressants du point de vue diversité et interculturalisme…
    J’aimerai partager ces résultats avec un groupe qui voudrait réfléchir et
    échanger sur la question calmement. Seriez-vous intéressé par une telle
    présentation dans le cadre de vos soirées?
    Je pense que chaque fois que nous faisons reculer l’ignorance, nous
    illuminons le chemin de la rencontre des peuples.-Soumya Tamouro-

    Merci encore.

  9. Jocelyne Bilodeau says:

    N’oublions pas que les discussions les plus propices et les plus constructives sont souvent celles qui sont spontanées, directement en lien avec un aller-retour (questions-réflexions) avec autrui. Étirer la discussion m’est pas à mon avis la solution… L’autre soir, nous avons pu nous exprimer, entendre ce que l’autre a à dire, opposer nos commentaires à l’avis tempéré et modérateur de monsieur Taylor, mais il est vrai que l’étape suivante serait un réel dialogue, ou chacun pourrait échanger directement avec son voisin de siège, sans forcément en venir à un consencus, ce qui n’est pas le but. Ceci dit, la rencontre de l’autre soir avait à mon sens une grande valeur; car la première action à poser pour changer les choses, c’est bien d’oser se rencontrer, prendre la parole et DIRE. JB

  10. Jérôme Di Giovanni (ACCÉSSS). La discussion amorcée, le 19 novembre, était des plus intéressantes. Toutefois, si nous voulons construire une société inclusive, nous devrions commencer à parler des “non dits” ouvertement. Je vous invite à visiter le Site d’ACCÉSSS à http://www.accesss.net.

  11. J’appuie le dernier commentaire. Par contre je me questionne, quelle formule serait la meilleure au nombre où nous étions ? Une conversation à 70 ne doit pas être facile à gérer. Enfin, nous pourrions faire un petit brainstorm ici sur le Comment. Peut-être une discussion plus horizontale, c’est-à-dire où l’invité, comme vous le dites, n’est pas là spécifiquement pour répondre aux questions mais davantage pour participer à une discussion de groupe ? Prolonger ce type de discussion à 4 heures plutôt que 2 et alors ce seraient les plus intéressés qui resteraient ? Le cercle de participants ainsi réduit la discussion pourrait aller plus en profondeur, sans la contrainte d’être toujours une douzaine à vouloir intervenir en même temps…Qu’est-ce que vous en pensez ?

  12. Liette Michaud says:

    Je suis certaine que la séance a laissé les participantes et les participants en appétit. Malgré les deux heures consacrées à la rencontre, et la variété des questions posées à M. Taylor, le cadre de la rencontre (question-réponse) ne permettait pas des échanges à double mouvement. Y a-t-il un véritable «dialogue» quand des conversations n’ont pas vraiment eu lieu? Le constat que je fais est que la soirée se limitait à une entrevue collective de M. Taylor, si je puis m’exprimer ainsi. Le professeur Cornett gérait les questions et semblait connaître plusieurs participants car il les désignait par leur nom. Y a-t-il eu du favoritisme? Les participantes et les participants ne se connaissaient pas, pour la plupart. Pourquoi étaient-ils venus? Qui étaient-ils? Quel impact cet événement aura-t-il face à leur engagement, à leurs attitudes envers le concept des accomodements raisonnables? On ne le sait pas. En relisant les recommandations soumises par Messieurs Bouchard et Taylor à la fin de leurs travaux en 2008, nous apprenions ce qui devait se produire pour faire avancer le dialogue sociétal. Où en sommes-nous? Les jeunes (et les moins jeunes) aux carrés rouges ont défilé dans la rue – et puis après? Le crucifix trône à l’Assemblée nationale et le débat se résume à la présence ou non du drapeau canadien. Franchement…

  13. Christian Valin says:

    Merci à M. Taylor et à M. Cornett pour ce dialogue. J’ai trouvé les échanges très sains et très calmes sur un sujet si propice aux tensions. Je crois que l’animation en est pour quelque chose. À quand le prochain diaologue ? cv

  14. claudiane reny says:

    Cela fait du bien de voir un groupe de personne s’exprimer sur des questions essentielles. Et ce dans un québec qui parfois me fait perdre espoir en l’intellect. Ce genre de discussion me montre que l’on peut progresser, qu’il est possible d’échanger, et qu’il faut seulement s’accorder des espaces de paroles. Dialoguer est fondamental. Il nous faudrait maintenant des débats publics ! Clau.Reny

  15. Comme je travaillais en même temps, j’ai manqué plusieurs mots dans le dialogue. Néanmoins j’ai beaucoup apprécié ce que j’ai entendu. Cela fait du bien de constater qu’il est possible d’être plus de 70 personnes d’avis différents dans la même pièce – avec un sujet chaud entre les mains -, et de pouvoir discuter sans tomber dans l’agressivité. Merci pour votre initiative et au plaisir de participer à une prochaine activité !

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