30th Jan 2012: Film screening of Liberté, Egalité et Accomodement

affiche de l’événement

s’il vous plaît, faites vos commentaires sur le film et la discussion ci-dessous

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11 Responses to 30th Jan 2012: Film screening of Liberté, Egalité et Accomodement

  1. Jean-Olivier says:

    Bonsoir Sébastien,

    Vous demandez :
    « peut-on considérer que le devoir citoyen se limite à quelques scrutins au cours desquels nous remettons notre pouvoir à un gouvernement représentatif ? N’est-il pas essentiel d’organiser une vigilance permanente (comme le promouvait H.D Thoreau) et une participation constante à la définition du vivre ensemble ? »

    Pour ma part, une démocratie ne se limite pas à fournir à des citoyens de quoi élire des partis politiques. Même si la démarche participative se développe, elle n’est pas présente là où c’est le plus important : dans les établissements d’enseignement primaires et secondaires a minima. Bien entendu, il y a le délégué de classe à partir du secondaire. Cependant, il est rare que ce dernier ou cette dernière ait une réelle conscience de sa tâche politique au sens originel du terme : la vie de la cité. Une raison simple à cela, même les enseignants ne savent pas forcément ce qu’ils sont censés pouvoir réellement faire. Bien entendu, je parle en général car il y a toujours des exceptions et dieu merci. Le souci, c’est qu’en société, le particulier ne suffit pas, sauf à donner l’initative pour autant qu’elle soit suivi.

    À ce qui précède, il faut ajouter qu’une réelle démocratie quel que soit l’âge demande une capacité à se remettre en question et à faire des efforts pour être actif. Là, nous touchons peut-être encore plus le fond du problème que précédemment. Faire un effort… Quel vilain mot ! Un citoyen responsable ne va pas demander toujours plus, il doit être également capable de proposer. De ce point de vue l’initiative de Patrick Sébastien était excellente avec le Dard. Elle a montré qu’il y avait des citoyens capables de faire autre chose que rouspéter (proposition sur la reconnaissance du bulletin blanc, proposition sur l’intégration des nouvelles méthodes de pédagogie après évaluation…), mais elle ne fut pas de longue durée. Raison de cet arrêt brutal ? Qui sait ? Voir http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/fin-du-dard-patrick-sebastien-a-t-77035

    Par ailleurs, certains mouvements politiques français disposent d’une fédération professionnelle à sa base, ce qui est le cas de l’UMP. Cela sert-il à quelque chose ? Je me le demande pour y avoir participer sans voir de résultats et donc avoir laisser l’eau couler après cela.

    Pour résumer, être citoyen, ce n’est pas seulement mettre un bulletin et regarder les infos pour pester contre un homme/une femme politique ou rejoindre un syndicat, mais participer à la vie politique. Il y a mille et une façon de le faire (assister au conseil municipal, aller rencontrer et proposer des idées à des politiques, militer dans une association, trouver des sites de consultations publiques comme celui pour l’Europe http://ec.europa.eu/yourvoice/consultations/index_fr.htm, etc.). Là, je ferme la boucle. Les différentes possibilités évoquées, j’ai dû les trouver par moi-même, ce qui a pris un certain temps. Autrement dit, on ne facilite pas la participation active et j’en reviens à la question de l’éducation. Cependant, il sera toujours possible de vous rétorquer que c’était à vous de trouver ces possibilités. Argument que, personnellement, je déteste.

    Cordialement.

  2. Bertrand says:

    Merci à vous pour le film !

  3. Sébastien says:

    Merci pour votre complément d’analyse monsieur Stefan Nitowslaski… Cela donne d’autant plus de sens à la réflexion que suscite votre film.

    Nous sommes encore loin d’une approche participative réelle en France, en dépit de la propension actuelle de notre président au référendum ou de la création d’une commission du débat public. Au delà de la question de l’immigration ou du vivre ensemble, le film m’interroge donc sur le sens que l’on donne à la citoyenneté et à la démocratie : peut-on considérer que le devoir citoyen se limite à quelques scrutins au cours desquels nous remettons notre pouvoir à un gouvernement représentatif ? N’est-il pas essentiel d’organiser une vigilance permanente (comme le promouvait H.D Thoreau) et une participation constante à la définition du vivre ensemble ?

    Merci pour ce beau moment d’échange. La présence du docteur Idris en dialogue avec la salle et le docteur Cornett fut tout à fait intéressante pour mieux digérer et analyser ces questions de société.

  4. Nadine says:

    Merci au Pr Cornett d’avoir permis grace au support du film et à ses méthodes pédagogiques singulières un débat riche et constructif tant sur le fond que sur la forme, le dialogue et l’échange permettent une pratique réflexive qui nous fait cheminer dans notre pensée.
    Les questions soulevées par le film tant sur la laicité que sur l’immigration et plus largement sur la question identitaire sont largement transposables en France, cependant s’il existe des facteurs communs , une des particularités de la France demeure son passé colonialiste et la part non assumée de celui-ci , le plus souvent en faveur ou plutôt en défaveur des pays d’Afrique du Nord et de l’ouest, concrétement ne voit-on pas de manière récurrente faire appel aux peurs collectives sur de prétendus envahisseurs qui pourtant ont voulu leur indépendance. Les récupérations politiques sont nombreuses dans les franges les plus extrémistes de notre pays mais pas seulement et s’immiscent insidieusement dans l’imaginaire collectif. Dès lors que nos hommes et femmes politiques s’agitent sur la question de l’identité française , il est question des racines judéo-chrétiennes de la France et s’en suivent des pseudo-débats sur la laicité , les signes ostentatoires , etc.. . Pour illustrer mon propos je vous conseille la lecture de l’article sur : http://www.rue89.com ” L’islamophobie, la solution unique à tous les problémes de la France” même si je veux rester optimiste , le climat délétère s’insinue de façon trés pernicieuse et par conséqwuent : la lutte continue…..

  5. Merci beaucoup pour vos réflexions. Je pense que la continuation du débat est très importante, car elle nous promet de réfléchir sur des questions clefs dans notre société comme les notions d’identités nationales, de laïcité et la place de la religion dans la société.

    Premièrement, je vous encourage vivement de lire le rapport de la commission Bouchard-Taylor (version intégrale ou la version abréger qui se lit aisément et rapidement) dont le lien est : http://www.accommodements.qc.ca/index.html

    Vous y trouverez les réponses à beaucoup de vos questions concernant les pratiques d’accommodement au Québec. Le rapport donne une description précise de la situation dans notre province et de son contexte social et juridique.

    Le documentaire, par contre, cible certains aspects de la crise et des travaux de la commission avec une emphase sur l’atmosphère qui y régnait. J’ai dû faire certains choix dans le film pour pouvoir soulever les questions que je trouvais importantes.

    Par exemple, la question du foulard a été l’objet visé dans le film, car elle prenait une place centrale dans le débat. Pendant les audiences il y a eu mention d’accommodement lié à d’autres communautés religieuses, dont les juifs, sikhs, témoins de Jéhovah, catholiques, etc., mais pas autant que celle des musulmans. Pour le film, j’ai fait un choix, car il reflète une inquiétude générale qui se manifeste en occident à face à l’islam.

    De plus, j’ai voulu soulever la question de la responsabilité journalistique face aux problèmes religieux au Québec. Un des blocages majeurs dans cette crise était celui d’une perception erronée parmi la population des pratiques d’accommodement et une méconnaissance de l’autre. Plusieurs journaux ont contribué à cette crise en publiant des faits incomplets ou erronés.

    Merci Jean-Olivier pour ton commentaire : « Car le problème n’est pas tant l’immigration que la question d’un être ensemble dans une laïcité qui ne soit pas elle-même dogmatique. »

    Une des grandes questions posées par la commission Bouchard-Taylor est, comment définir le régime de laïcité dans notre société démocratique et libérale. La France, le Québec et les États-Unis, par exemple, sont trois cas de laïques qui sont très différents. Le rapport fait des recommandations qui pourraient servir le Qébec, mais c’est un choix de société qui doit être débattu ouvertement et par la suite, encadré par le gouvernement.

    Donc, il est primordial d’avoir un dialogue sur des valeurs identitaires de la société et avoir des mécanismes clairs pour permettre a chaque individu puisse y vivre en respectant sa conscience. Pour ce faire, je crois profondément dans un débat ouvert et franc comme nous l’avons vécu au Québec pendant les audiences de la Commission Bouchard Taylor.

  6. Stéphanie de Vanssay says:

    Ce documentaire est impressionnant, il montre que libérer la parole est plus productif que de la contenir, que prendre des risques en vaut la peine… Une belle leçon de tolérance !

    Le temps d’écriture individuel a permis un recul réflexif qui a nourri l’échange qui a suivi.

    Bref, une belle expérience…

  7. Clement says:

    Merci beaucoup à M Cornett et M Nitoslawski.Le film pose des questions qui remuent et ouvre l’esprit. J’ai envie de dire qu’il s’agit d’une oeuvre nécessaire sur des . événements peu ordinaires

  8. Jean-Olivier says:

    Je remercie le Pr. Cornett de nous avoir fait connaître ce documentaire et l’équipe des nouveaux étudiants de l’avoir fait venir. Je tiens également à remercier son réalisateur pour nous avoir offert le privilège de visionner son travail alors que ce dernier n’est pas encore disponible.

    C’était un beau sujet qui, outre la question de l’accomodement et de l’immigration au Québec, permettait d’évoquer l’histoire des francophones en confédération canadienne par rapport à notre regard de français. Grâce à ce documentaire, tout français peut être amené à réfléchir sur une situation qu’il a lui-même connue en France il y a quelques années sur la question du voile notamment et des signes religieux surtout. Car le problème n’est pas tant l’immigration que la question d’un être ensemble dans une laïcité qui ne soit pas elle-même dogmatique.
    Passé le thème principal, ainsi que cela a été mentionné lors de la rencontre dialogique : la facilité de prise de parole, la prise de note et la prise de position des différentes personnes immigrées ou non représentent un tout déjà à méditer. Le risque prit par la municipalité d’Hérouxville met en avant la difficile, mais importante tâche des responsables politiques… bien des sujets sont à piocher dessous le thème principal qui devrait nous servir à développer le futur de notre société, et a minima futur de la société française. Toutefois, la position finale des responsables politiques québécois semble montrer un résultat nul auquel il faut nous attendre également en France.

  9. Je trouve très appréciable que la parole ait été donnée aux citoyens Québécois, car la question de l’immigration les concerne tous. Le reportage a permis de réfléchir sur la question de la laïcité et de lancer le débat qui est transposable dans d’autres pays comme la France.

    Toutefois, j’ai le sentiment que la question de l’immigration a été réduite au port de foulard; bien qu’il soit judicieux d’en parler, cela a pris beaucoup de place dans le documentaire à mon goût. Je rejoins Bénédicte sur le fait que les citoyens Québécois ont démontré une certaine facilité dans la prise de parole en public, sans tabou ni jugement.

    Le débat qui a suivi le reportage a été de qualité et celui-ci a pris une tournure philosophique qui m’a beaucoup intéressé. L’implication du Professeur Cornett ainsi que sa manière d’enseigner sont remarquables. Bravo à tous les organisateurs de l’événement et à toute l’équipe qui a préparé ce documentaire exclusif. Un grand merci au Professeur Cornett qui s’est déplacé à Paris pour venir à notre rencontre.

    Sarah

  10. Yoann Hodeau says:

    A la vue de ce film « Liberté, Egalité et Accomodement », on trouve un point commun supplémentaire entre les français et les québécois : l’envie de débattre ouvertement sur des sujets qui nous concernent tous, et qui n’ont pas été correctement traités par les politiques. Des sujets pourtant si importants que ceux de notre identité, de nos libertés. A la suite du film nous avons pu nous essayer au « processus dialogique » du Prof. Cornett en exprimant de façon distincte nos perceptions, nos émotions, nos interrogations, nos souhaits…Quel belle méthode pour apaiser un débat sur un sujet aussi riche et complexe que celui de l’immigration !

  11. Fouchard bénédicte says:

    voici ce que m’inspire ce documentaire. Divers reflexions que je souhaite partager.
    c’est un pays en reflexion sur l’accomodement, sur la laîcité en recherche de consensus pour le bien être d’une population ouverte.
    Ce pays est rempli de personnes volontaires dévouées à la reflexion sur les différentes cultures et sur l’accomodement. Un questionnement permanent : comment accueillir les immigrants dans une égalité sereine? comment respecter les immigrants, leurs culture et leurs religions? il est important que ce genre de documentaire existe afin de nous faire reflechir à ses questions.
    L’immigration est montré comme une plu value pour le pays, mais cela semble extremement compliqué pour les immigrants militants.
    Malgrè une sensation de restriction de pensée de la part des différentes personnes du documentaire j’ai ressenti comme une liberté d’esprit, de parole de la part des citoyens.
    Le pays semble manquer cruellement de moyen afin d’appréhender au mieux l’immigration.
    Je me demande au travers ce documentaire comment l’accomodement peut etre concrètement réalisé. j’aimerai connaître l’avancé de ses reflexions évoqués dans le documentaires. Comment s’organise les citoyens pour défendre et faire entendre leurs idées. Le quebec est-il plus à l’écoute des citoyens que d’autres pays et en quoi cela est-il différent.
    Ce documentaire à été pour moi très enrichissant sur ma reflexion de l’immigration.

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